Édition et Auto-édition, où en est la censure ?

La différence

L’édition classique passe par une maison « traditionnelle », avec un éditeur en chef, toute une équipe de relecteurs, de correcteurs, de graphistes, de communicants et on en passe. L’auto-édition, quant à elle, sert seulement de vecteur de diffusion, c’est à l’auteur de tout réaliser, depuis la rédaction à la correction, en passant par la mise en page et la couverture. Le but final est identique, être publié. Le moyen d’y parvenir est très différent. Une maison d’édition doit vous accepter pour vous publier, une plateforme d’auto-édition acceptera n’importe qui tant que la personne, soit lui paye un droit d’entrée, soit lui paye des commissions sur les ventes, en échange de son pouvoir d’hébergement et diffusion.

La différence majeure, bien entendu, tient au fait que l’une sélectionne et pas l’autre.

Une maison d’édition tient en compte de beaucoup de critères. L’argent, bien entendu, en premier lieu. Votre livre doit avoir le potentiel de rapporter de l’argent dans les caisses. Ensuite, le sujet. Même une maison d’édition très généraliste ne pas publier des œuvres un peu trop éloignées de sa ligne éditoriale. Enfin, ce qui est bien malheureux à dire, la tête du client. Une personnalité déjà connue ou ayant des opinions publiques susceptibles de créer de l’agitation, voir du drama, sur des sujets du moment ou des sujets polémiques, aura plus de facilité à apporter de l’argent. Autrement dit, il est très facile de devenir riche et célèbre avec un livre… Si vous l’êtes déjà par un autre biais. Mais nous enfonçons là des portes ouvertes, passons plutôt à la suite.

Le critère du sujet

Pour commencer, il est parfaitement logique qu’une maison d’édition classe les titres publiés selon ses valeurs et problématiques. Selon, également, sa spécialisation, lorsqu’elle en a une. Une maison spécialisée dans les romans policiers ne va pas publier de la science-fiction, jusqu’ici, tout le monde est d’accord. Elle peut aussi craindre de publier le premier roman d’un jeune auteur par crainte que ça ne se vende pas, ce qui est déjà plus sujet à débat mais qui peut se comprendre. Le véritable problème est lorsqu’un roman parfaitement ordinaire se retrouve désossé par la critique bien-pensante sans avoir pourtant rien à se reprocher.

Délire complotiste ? On rêverait que ça en soit un, en effet. Hélas, dans les maisons d’édition, de nouveaux types de relecteurs commencent à se répandre. Si l’intention de départ est très noble, faire en sorte de ne pas offenser des communautés ou diffuser des idées nauséabondes, la pratique laisse franchement à désirer. Que l’on soit bien clair, nous sommes huit milliards sur Terre et il est tout simplement impossible de s’entendre avec tout le monde. Autrement dit, nos idées et nos opinions vont obligatoirement offenser quelqu’un, quelque part, qu’on le veuille ou non. Hors, dans le cas de l’édition, comment décider ce qui a le droit d’être dit ou non ? Qui valide les opinions ? Untel peut-il comprendre le second degré dans un roman alors qu’un autre va refuser de le voir et donc taxer l’œuvre d’être raciste/homophobe/sexiste/transphobe/choisissez votre camp ? Où se situe la limite, dans ce genre de situations ? Peut-on toujours sur un sujet pour le dénoncer, mais si certaines personnes ont du mal à voir le monde autrement qu’en noir et blanc, alors nous serons accusés de tous les maux possibles ?

Vouloir imposer une opinion unique, au nom de ses propres convictions, cela s’appelle de la censure.

On peut pleurer que les Humains n’arriveront jamais à parfaitement s’entendre entre eux, se comprendre, partager les mêmes idées et danser tous ensemble une jolie ronde, main dans la main. On peut s’énerver que la volonté et les efforts pour tous se parler tranquillement ne soient pas assez puissants. Bien sûr que c’est épuisant et rageant. Pour autant, est-ce qu’attaquer violemment tout ceux qui ne partagent pas nos opinions arrange vraiment le débat ? Est-ce que déformer les propos des autres car ça arrange bien notre discours de haine et les diffamer en public nous aide à nous rendre plus crédibles ?

L’édition diffuse les idées au grand public. Elle possède un rôle puissant, dans la société. Tout comme les autres médias de communication. Il est donc plus que légitime de trouver affolant que des personnes soient désormais payées pour effacer toute idée n’allant pas dans leur propre idée de la morale ou de la vertu. Tant que ces idées ne vont pas contre la loi (Exemple parmi d’autres, la promotion de la pédophilie), les écarter signifie bel et bien les censurer. N’en déplaise aux esprits chagrins, incapables de voir le monde selon leur prisme manichéen.

L’effet contre-productif

Ce n’est un secret pour personne et cela porte un nom, l’effet Streisand. Plus une personne ou un groupe tente de cacher une œuvre et la censurer, plus le phénomène médiatique va grossir et donner envie aux autres de découvrir ce qui est tant repoussé. Chacun a envie de voir ce qui est interdit et Internet n’a fait qu’amplifier fortement le phénomène. Cela arrive sans cesse, que ça soit pour des photos, des films, des jeux, des livres…

Donc pourquoi s’acharner à vouloir écarter ?

Ignorer une œuvre qui ne vous plaît pas serait la démarche intelligente. L’insulter et la propulser en avant, ne plus parler que de cela au point que ça devienne pathologique, c’est lui offrir une visibilité qu’elle n’aurait peut-être jamais eu sans. De plus, c’est très inquiétant, pour les personnes s’échinant à la haïr à ce point et ne cessant d’en parler, encore et encore, comme si l’œuvre en question était devenu le centre de leur existence. Ne faudrait-il pas les aider ? Par exemple, en leur donnant des outils pour qu’elles parviennent à ignorer ce qui les fait hurler. Pour leur propre bien, avant que ça ne commence à leur ronger l’esprit. La haine permanente, surtout lorsqu’elle vient d’un aussi bête « Il y a des gens qui ne pensent pas comme moi », peut être délétère pour leur santé.

L’Auto-édition, dans tout ça

Il ne s’agit évidemment pas de la solution miracle pour échapper à tous les problèmes du monde. Cependant, il s’agit bel et bien de la solution plébiscitée pour échapper aux travers, anciens et récents, de la publication traditionnelle. Il n’est tout simplement pas possible qu’une seule morale unique soit désignée comme LA bonne morale, applicable à toutes et à tous. Tous les états et communautés diverses ayant tentés d’imposer une pensée unique ont dérivé vers des épisodes honteux de l’Histoire. Que ça soit à grande échelle ou non. Par ailleurs, que ces personnes psychorigides dans leurs idéologies s’en agacent ou non, il existera toujours des personnes ne pensant pas comme elles.

Chacun a le Droit d’avoir son opinion.

Une réponse à « Édition et Auto-édition, où en est la censure ? »

  1. Avatar de Brielaplume
    Brielaplume

    J’ai droit d’avoir mon opinion ☺️

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